Les projets liés aux 80 ans de l’asbl Le Grand Liège

Les projets liés aux 80 ans de l’asbl Le Grand Liège

Intervention de Michel Foret, Président de l’asbl Le Grand Liège, lors du colloque « Georges & France Truffaut : de père en fille » du 22 octobre 2016

Introduction de Philippe Raxhon

Logo Grand LiègeGeorges Truffaut est à l’origine de la création du Grand Liège et s’il fallait qualifier cette  asbl d’un seul mot, je pense que ce serait « levier ». Un levier dont l’action sera décrite par deux orateurs combinant le passé, le présent et l’avenir.

Comment présenter ces deux orateurs ? J’ai immédiatement songé à Christophe Colomb. Pourquoi ? Parce que Christophe Colomb naît à Gênes, il est formé à l’École Maritime de Gênes, extrêmement importante à l’époque.  Il navigue en Méditerranée, dans l’Atlantique Nord, à proximité des côtes de l’Afrique de l’Ouest où il connaît un naufrage – ce qui est extrêmement important dans la vie et la formation d’un marin. Il s’installe alors à Lisbonne qui est l’autre École Maritime réputée. En fait, il a connu toutes les mers recensées à son époque. C’est pourquoi quand il prend la tête de l’expédition vers l’Amérique, il est tout à fait compétant puisqu’il a tout connu en termes de navigation. On ne peut dès lors que se demander quelle autre expérience il aurait pu encore acquérir avant son expédition vers ce qu’il croyait être les Indes. C’est un peu le cas de nos deux intervenants,  Jean-Maurice Dehousse et  Michel Foret. Parce qu’en réalité entre Jean-Maurice Dehousse et Michel Foret, la question n’est pas de dire ce qu’ils ont fait ni les fonctions politiques qu’ils ont exercées mais celles les fonctions qu’ils n’ont pas exercées. Et ça c’est un exercice qui pourrait être destiné à des étudiants en Histoire…

Intervention de Michel Foret, Président de l’asbl

Ma présence à votre tribune m’honore et je vous en remercie.

Bain de la Sauvenière
Affiche promotionnelle de la Ville de Liège pour les Bains de la Sauvenière. Affiche de M. Corombelle, 1950. Coll. Musée de la Vie wallonne (original) et ALPHAS (reproduction)

Pourtant, je n’ai pas connu Georges TRUFFAUT et je dois reconnaître que je n’ai guère eu l’occasion de rencontrer et d’apprécier France TRUFFAUT. Je le regrette.

Ayant eu la chance d’exercer des fonctions scabinales, parlementaires, ministérielles et gouvernementales, je ne puis ignorer leurs grandes qualités et c’est un plaisir pour moi de pouvoir leur rendre hommage ici ce jour en votre compagnie.

D’autres que moi ne manqueront pas d’insister sur la personnalité de Georges TRUFFAUT qui sort assurément de l’ordinaire.

Echevin des travaux de la Ville de Liège, on lui doit notamment la réalisation du lycée Léonie de Waha ainsi que des bains de la Sauvenière.

Comme député, il a été attentif au destin de la Wallonie, à son essor industriel, à la solution de ses problèmes sociaux et à sa dimension internationale.

Il n’a cessé d’être un ardent défenseur de la liberté, comme en atteste sa décision de rejoindre Londres dès le début de la guerre 40-45.

Permettez-moi enfin de mettre l’accent sur sa décision, fin 1936, de créer le GRAND LIEGE avec la volonté de fédérer les forces liégeoises, pour mettre en place l’exposition de l’eau en 1939.

Sixième successeur de Georges TRUFFAUT comme président de cette vénérable Institution, je mesure l’importance de la mission qui m’échoie mais aussi toutes les responsabilités qui m’incombent.

Les fondateurs avaient fixé à l’ASBL un double objectif : dynamiser l’économie mais aussi conserver et rendre à la Ville de Liège, en particulier, et à la Région wallonne en général un essor économique plus grand, un rayonnement intellectuel plus vivace. Dès le départ, on ne songe pas à un GRAND LIEGE géographique mais à Liège grande par la volonté, l’esprit, l’éclat, la renommée.

Jean Lejeune
Jean Lejeune, président du Grand Liège, Photo Grand Liège, dans « Le Grand Liège, 60 ans de vie liégeoise », n°133 (1997), n° spécial de la revue Le Grand Liège, p. 17

Sous les présidences successives d’Edgar FRANKIGNOUL, de Georges THONE, de Jean LEJEUNE, de Jacques LEVAUX et de Jean-Maurice DEHOUSSE le GRAND LIEGE n’a cessé au cours de ses 80 années d’existence d’être fidèle aux principes édictés par son fondateur.

En premier lieu, la LUCIDITE. Dès le lendemain de la guerre, les membres de l’Association ont conscience des handicaps qui empêchent le redressement économique et précipitent le déclin des industries et de la vie urbaine (déclin démographique, vieillissement des industries et des modes de production, isolement par rapport aux régions qui décollent comme la Flandre )

Dès 1946, le GRAND LIEGE déclare « notre association ne sépare pas la renaissance matérielle de Liège de sa renaissance spirituelle. Il est grand temps d’enrayer la décadence et de repartir à la découverte des sources de notre personnalité. Suscitant la recherche et la réflexion, elles doivent éclairer et enrichir la conscience liégeoise ».

Le VOLONTARISME et l’esprit d’entreprendre ont toujours caractérisé le GRAND LIEGE. « Un peuple sans projet est un peuple qui meurt. Une cité nouvelle peut naître. Mais pour la bâtir il faut, manié par des mains fermes, un outil solide. Cet outil, c’est le GRAND LIEGE, c’est-à-dire l’union intime de la Ville et des communes sœurs qui l’entourent ».

Dès la fin des hostilités, l’Association se fixe comme objectif s :

  • la reconstruction de la ville détruite,
  • faire sauter le bouchon de Lanaye,
  • canaliser la basse Meuse pour prévenir les inondations et valoriser ainsi les terrains en vue de l’expansion industrielle future – doter Liège d’un aérodrome…

Ensuite le GRAND LIEGE a été présent dans tous les combats qui ont mobilisé Liège et les Liégeois, la défense des Fourons, le développement de l’Université, le soutien et la promotion des grandes institutions et de la vie culturelle, la création des autoroutes ou encore le TGV et le Trilogiport…

Enfin, comment ne pas être séduit par l’attachement à la MODERNITE et au PROGRES qui ont toujours figuré en tête des lignes de force voulues pour Georges TRUFFAUT pour le Grand Liège.

Dès sa création en 1937, le Grand Liège a compris que le redressement viendrait de sa capacité à s’adapter aux changements profonds de la société et de l’économie. Voilà pourquoi l’Exposition internationale de la Technique de l’eau à Liège en 1939 venait à son heure.

Cette exposition a marqué les esprits en Belgique et à l’étranger parce que, précisément, elle intégrait dans sa conception et ses réalisations présentées à des spécialistes mais aussi au grand public avide de nouveautés, les découvertes récentes de la science et leurs applications dans une multitude de domaines comme les voies navigables, l’architecture, la construction, les travaux urbains et ruraux, les industries du froid, etc.

Dans l’économie qui se pensait désormais à l’échelle du monde, une place significative était réservée aux colonies d’Afrique.

Par ailleurs, l’importance donnée au sport et à toutes les activités nautiques renvoyait implicitement à cette conquête sociale récente qu’étaient les congés payés.

Ce volontarisme dans l’action et cette ouverture au monde moderne, le Grand Liège les a exprimés à différentes occasions dans les années qui ont suivi :

A l’occasion du 30eme anniversaire de sa fondation il publie son bilan, riche en réalisations dans le domaine de la rénovation urbaine (infrastructure, commerce, congrès, expositions, festivals, publications) de l’aménagement du territoire, de la rénovation économique : on y trouve, la fierté des réalisations mais aussi les propositions d’avenir : enrichir le bassin industriel d’industries nouvelles et intégrer la région liégeoise dans les pôles de développement de l’Europe en construction.

Pour le 50eme anniversaire de la fondation du Grand Liège, l’ASBL organisa une exposition dont le titre, à lui seul, « Liège demain », permet de comprendre l’intention de ses dirigeants.

LEVAUX, son Président précise : « le Grand Liège (…) a préféré, comme toujours, se tourner vers l’avenir et demander à toutes les forces vives de la région de faire connaître au public la nature et la portée de leurs projets.

Aujourd’hui encore, les administrateurs et les membres du Grand Liège sont fidèles aux idéaux de leurs prédécesseurs.

Ils sont plus que jamais attachés à Liège, sa ville et sa province dont la dimension territoriale de 4000 km 2 et sa population de 1,1 million d’habitants correspondent aux critères des métropoles européennes.

Ils veulent résolument ancrer Liège dans son environnement wallon, francophone, eurégional et international.

De nouveaux statuts ont été adoptés, de nouvelles équipes ont été mises en place, un rajeunissement et une féminisation des cadres sont de rigueur.

Un programme ambitieux est en vigueur pour accueillir des orateurs prestigieux, pour susciter le dialogue, pour favoriser les rencontres et pour soutenir les projets de qualité que les Autorités, des Associations, et/ou des particuliers voudraient mettre en œuvre pour la promotion et le développement de Liège.

A l’occasion du 80eme anniversaire du GRAND LIEGE, en janvier 2017, nous organiserons un colloque prospectif citoyen dont le double objectif sera d’imaginer ce que pourra être Liège dans 20 ans et les actions et décisions qu’il faut prendre aujourd’hui pour que nous puissions envisager sereinement les défis économiques, climatiques, numériques, sociaux, culturels…. qu’il faudra affronter d’ici 2037.

Liégeois, ouvert sur le monde, associatif et prospectif, je veux croire que Georges TRUFFAUT serait fier de son enfant qui est déjà âgé de 80 ans !!

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